Plantons le décor : le Bûcheron et moi louons un appartement (fort sympathique, au demeurant). Nous décidons d’acheter une petite maison avec petit jardin et tout et tout. On trouve la maison qui nous convient, à un prix qui ne nous semble pas exagéré. Après quelques tergiversations et quelques discussions avec mon cher Papa, hop! on se lance. On signe tous les papiers, le sous seing privé et je ne sais trop quoi encore ; à ce moment-là il est prévu qu’on ait la maison fin septembre au plus tard. La nouvelle maison nécessitant quelques petites bricoles avant d’être habitable, on choisit de lâcher l’appartement en location le 30 octobre. Un mois pour effectuer ces quelques bricoles et déménager sans stress nous paraissait raisonnable.
Nous sommes aujourd’hui le 30 septembre, jour à marquer d’une pierre noire en ce qui me concerne. Mais voici ce qui arriva :
Je reçois un coup de fil en milieu de matinée de l’agence par laquelle on a trouvé la maison : « Bonjour PetitChap, je vous appelle à propos de la signature chez le notaire… On va signer le 14 ou le 16 octobre, selon la date qui vous convient le mieux. » Devant mon étonnement face à cette date éloignée, la brave dame me répond qu’il y a un souci avec un papier que doit fournir la mairie locale. J’insiste un peu, et j’apprends que la fameuse dame de l’agence s’en va en congés les 15 premiers jours d’octobre, et que ça ne l’arrange pas que nous allions signer sans elle. Signalons au passage que nous n’avons pas besoin d’elle lors de cette signature puisqu’elle s’effectue entre le constructeur de la maison et nous. Les nerfs commencent donc à monter méchamment, mais je raccroche sans trop crier. Il est alors 10h20.
Je m’assois sur le canapé, allume une clope, et commence à m’affoler : sachant qu’on a prévu de sortir de l’appartement le weekend du 23, et si nous n’avons les clés que le 14 ou le 15, on n’aura jamais le temps de faire ce qu’il y a à faire et on va être sacrément dans la merde.
10h30 : le téléphone sonne à nouveau. « Bonjour PetitChap, ici la dame de l’agence qui vous loue l’appartement. J’ai besoin de vos clés, je fais visiter votre appartement aujourd’hui à 14h. » Je reste d’abord incrédule face à l’acharnement des agences immobilières, à croire qu’elles se sont données le mot pour me faire chier le même jour à la même heure. Et puis un peu assommée par la nouvelle, je tente de m’organiser : le Bûcheron n’est pas là, il ne rentre pas ce soir. Je dois être au boulot à 13h, l’agence ferme de 12h à 14h… Bien bien bien… les nerfs explosent.
Sans être en bordel, l’appartement nécessitait un peu de rangement et un petit coup d’aspirateur. Je me dépêche donc de tout mettre en ordre, histoire d’arriver avant que l’agence ferme. Autant dire immédiatement que j’ai pourri la tête de la dame de l’accueil, lui expliquant que la moindre des politesses était de prévenir au moins la veille, histoire qu’on ait le temps de s’organiser. « C’est exceptionnel », qu’elle me répond, l’inconsciente… Je lui fais comprendre assez violemment que la prochaine fois qu’elle me prévient à 10h30 pour 14h, elle n’aura pas les clés. Bien. Elle doit me laisser les clés dans la boite aux lettres dès la fin de sa visite. « Et vous n’oubliez pas, hein ! Parce que sinon je suis fermée dehors ! — Non, non, je n’oublierai pas. Ne vous inquiétez pas. »
N’ayant donc plus les clés de mon appartement, je vais manger en ville, en tête à tête avec ma colère toute rouge.
Dans l’après midi, j’arrive à joindre le constructeur de la maison qui m’explique que l’agence n’a qu’à aller se faire voir, et qu’on signera sans elle la semaine prochaine. Bon… espérons que ce soit réglé. Ceci dit, tant que je n’ai pas le rendez-vous officiel, je n’exulte pas trop. Il est alors 15h, ma colère commence à retomber.
Dès la fin du boulot, et sans repasser chez moi, je file à l’équitation. Je me détends, tranquillou. On termine la séance par de beaux galops. On va ramener les chevaux et les poneys du cours précédent dans les paddocks, on papote ; la vie est belle. Il fait quand même un peu froid, je rêve déjà de la douche chaude que je vais prendre en rentrant.
Je rentre chez moi à 21h, j’ouvre la boîte aux lettres : PAS DE CLÉS. Réflexe stupide : je regarde à nouveau… on ne sait jamais, les clés me font peut être une mauvaise blague, elles se planquent peut être dans cette boite carrée. Rien. Pas de clés. Je suis donc fermée dehors. Je pue le cheval, je suis sale, j’ai faim, j’ai froid, et je suis fermée dehors. Hop! re-coucou la colère… Je téléphone au Bûcheron pour lui expliquer ce qui se passe, mais le pauvre ne peut pas y faire grand chose. Je dois reconnaître que je lui ai crié dessus même s’il n’y était pour rien…
Que faire ? Appeler l’agence ? Ça ne sert à rien puisqu’il est 21h. Le Bûcheron se souvient alors qu’il a peut être le numéro de portable de la Méchante Dame, mais (et je vous assure que c’est vrai) la batterie de son téléphone portable rend l’âme. Je pars donc très en colère chez ma douce Belle-Sœur, espérant une douche et un petit repas. Entre temps, le Bûcheron me rappelle avec le portable du boulot : « Ma chérie, ne t’inquiète pas. Je suis au resto avec les copains, mais je vais rentrer chez Untel pour brancher mon portable et voir si j’ai le numéro de la Méchante Dame. » Le resto et la maison de l’ami ne sont pas franchement côte à côte… Mais on y arrive enfin. Il me donne un numéro de portable dont on espère très fort que c’est le bon. Il est alors 22h30. J’appelle… ça ne répond pas. J’appelle une seconde fois en laissant un message. La Méchante Dame me rappelle dans la foulée : « Je vous avais oublié. Les visiteurs m’ont fait faux bond, du coup comme je ne suis pas venue chez vous, j’ai oublié de poser vos clés dans la boite à lettres. Mais comme je n’avais pas de nouvelles de vous à 18h30, je me suis dis que vous n’en aviez pas besoin. » Vous notez un peu le paradoxe ? Elle m’avait oublié mais en même temps, comme elle n’avait pas de nouvelles de moi, elle pensait que je n’en avais pas besoin… Bref, je lui explique que je me fous totalement du pourquoi du comment. « Bon ben je vais passer à l’agence et je vous amène les clés… »
Elle a même eu le culot de me demander comment j’avais eu son numéro de portable, la garce. « Parce que vous comprenez, je ne le donne pas, en général… » Je ne lui ai même pas pourri sa face de rat, je lui ai simplement dit « Je suis très en colère, et dans votre intérêt, on va arrêter de discuter. »
Je suis rentrée chez moi à 23h00. Mais je me sens toute honteuse d’avoir pourri la soirée du Bûcheron qui n’a finalement pas mangé puisque le resto était trop loin pour qu’il y retourne… Journée de merde. Y’a des jours, comme ça, on a envie d’allumer un bûcher et d’y balancer le monde entier.
« Je suis très en colère, et dans votre intérêt, on va arrêter de discuter » !
…
Ben dis donc, faut pas te merder toa, au risque de se prendre un poney dans le pif. Remarque, je peux comprendre cette envie de bûcher. Jpe venir à la fête ? Après tout, c’est ma spécialité ! Pis avec la méchante dame de l’agence, on met aussi tous ces pourris d’employeurs qui ont toujours un tour dans leur sac pour être pourris, et pis la fille qui a osé arboré devant ma triste personne les merveilleuses chaussures taillées pour mon pied que je rêve d’avoir depuis des mois ! Tu veux bien ?
Mais j’y pense, ta journée aurait pu être pire : imagine que tu n’aies pas eu le numéro de portable de la dame ! Pire hein !?
Pour signer en effet t’as pas besoin d’elle ! Et l’autre j’espère que tu l’as un peu pourri quand même !! La bizzzz à vous 2 !
Elbereth » Effectivement, la journée aurait pu être pire si je n’avais pas eu le numéro de portable de la dame. Bon, je dois quand même reconnaître que je n’étais pas totalement à la rue, Belle-Maman étant ravie de m’accueillir chez elle. Mais quand même… Sans compter que, de façon très pragmatique, je n’avais même pas une petite culotte de rechange pour le lendemain…
Beber » Ah ben dis donc, comment vas-tu depuis le temps ?! Étant donné que je ne suis pas sur Facebook, je dois être la seule à ne pas avoir de tes nouvelles. J’espère que tu vas bien. Pour répondre à ta question, non, je ne lui ai pas pourri sa tronche de macaque. Mais j’attends avec impatience qu’elle me téléphone à nouveau pour une autre visite de l’appartement…