Une fois il y avait une fillette en condition dans la campagne qui entendit parler que sa grand’mère était malade ; elle se mit en chemin, pour l’aller voir ; mais quand elle fut bien loin, à la croisée de chemins, elle ne savait pas lequel prendre. Elle y rencontra un homme bien laid, conduisant une truie, et à qui elle demande son chemin, lui disant qu’elle allait voir sa grand’mère malade. Il faut aller à gauche, lui dit-il, c’est le meilleur et le plus court chemin, et vous serez vite rendue. La fillette y alla ; mais le chemin était le plus long et le plus mauvais, elle mit longtemps pour arriver chez sa grand’mère, et c’est avec beaucoup de peine qu’elle s’y rendit très tard.
Le chemin des aiguilles
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Les contes sont éternels
Je ne sais pas ce qui me pousse perpétuellement vers les contes, mais plus j’en découvre, et plus ils me fascinent ; plus j’en lis, mieux je les comprends. Il est amusant également de constater à quel point ils se ressemblent, tant dans leur structure que dans leur contenu. Il arrive même de trouver des scènes identiques dans des contes qui sont pourtant en apparence totalement différents. Ainsi, j’ai découvert il y a peu, mais je ne vous l’apprendrai peut être pas, que « La Belle et la Bête1 » de madame Leprince de Beaumont et la version de « Cendrillon2 » des frères Grimm…
La grand-mère loup
Le Petit Chaperon rouge, version chinoise, sans rouge ni chaperon
Fables traduites par Jacques Pimpaneau, illustrées de papiers découpés par un artiste de Chine populaire. Courbevoie, Théâtre Typographique, 1986. Tirage limité à 500 exemplaires reliés en accordéon. (21,4 x 12,5 cm). – BnF, Livres rares (Rés. p. Y2. 3043)
Florine
Version orale recueillie à Esconnets-de-Lannemezan (Hautes-Pyrénées) par Jean Markale. On a ici un mélange de Cendrillon et du Petit chaperon rouge.
« Il y avait une fois un veuf, qui avait une fille qui se nommait Florine. Quand celle-ci eut atteint l’âge de quinze ans, il se remaria avec une veuve qui avait une fille du même âge que Florine, mais qui était aussi laide que Florine était jolie. »
Le loup et l’enfant
Version orale recueillie dans le Gers et contée par Louis Lacoste.
Il est ici question d’un jeune garçon de 5 ans, et d’un loup déguisé en curé…
Il y avait une fois un homme et une femme, qui n’avaient qu’un enfant de cinq ans. Un jour, cet enfant dit à sa mère :
— Mère, laissez-moi aller tout seulet chez ma tante.
— Non, nom ami. Tu es encore trop petit, pour y aller tout seulet. Il faut traverser un grand bois, et le Loup te mangerait.
Le Petit Chaperon Rouge – Grimm
La version des frères Grimm est très probablement la plus répandue dans les livres pour enfants. Le petit chaperon rouge est ici une fillette. C’est dans cette version qu’un chasseur sorti de nulle part ouvre le ventre du loup pour libérer la grand-mère et la petite fille.
C’est la version la plus enfantine de ce conte.
Le petit chaperon rouge – Perrault
La plus ancienne version retranscrite du Petit Chaperon rouge est celle de Charles Perrault. Parue dans le recueil « Histoires ou Contes du temps passé. Avec des moralités. », elle date de 1697.
Bien que tout le monde connaisse Perrault, cette version n’est pas la plus répandue dans les livres pour enfants, et pour cause : le petit chaperon rouge est ici une jeune fille (et non une fillette), et il n’y a point de bûcheron ou de chasseur pour venir à sa rescousse…




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