
Capture d’écran – Sony PRS-T1
J’avais prévu de faire un bel article coup de gueule pour pester contre le prix des livres numériques et pour expliquer le pourquoi du comment du téléchargement illégal… Oui mais voilà, entre temps, Megaupload a fermé… Palsambleu.
Du coup, je ne sais plus par où attaquer mon sujet… Les livres numériques ont un peu le même problème que celui qu’avait la musique il y a quelques années. A l’époque – et je le confesse sans honte – je téléchargeais illégalement parce qu’il n’existait pas d’offre légale valable : les fichiers étaient chers, ils étaient verrouillés et ne pouvaient donc pas être écoutés sur plusieurs machines. Pour les ebooks, c’est exactement la même chose… Certains sont même plus chers en version numérique qu’en version poche. Exemple avec des bouquins de Jean Teulé (sur Feedbooks) :
- Je, François Villon : ebook 18.00€ / papier 7.40€
- O Verlaine : ebook 19.50€ / papier 7.00€
- Le Montespan : ebook 18.00€ / papier 6.60€
- Le magasin des suicides : ebook 15.00€ / papier 5.10€
Alors comment s’étonner du piratage ? Le pire dans cette histoire, c’est que bien souvent, les fichiers piratés sont largement de meilleure qualité que les fichiers légaux et « DRMisés ». J’en veux pour preuve l’aventure du prix Goncourt 2011 : Gallimard a réussi à présenter au Goncourt un bouquin foisonnant de coquilles et de fautes de conjugaison, et ce dans les deux formats que sont le papier et le numérique. Le bouquin en question, L’art français de la guerre d’Alexis Jenni, a remporté le prix… ce qui a évidemment suscité un fort intérêt de la part des lecteurs. Un groupe de pirates, la team Alexandriz, a alors repris le fichier numérique, l’a corrigé et l’a rebalancé en téléchargement gratuit (et donc illégal) sur les forums… Voilà donc le choix qui s’est présenté aux lecteurs : acheter un livre numérique hors de prix et plein de fautes ou récupérer gratuitement un fichier piraté et super propre… Moi je m’en fout, je ne voulais pas le lire. Mais si j’avais choisi de le découvrir, je suis bien certaine que je ne l’aurais pas payé.
Le problème, voyez-vous, c’est que tous les métiers traditionnels du livre (éditeurs, distributeurs, libraires) s’entêtent à essayer d’appliquer au livre numérique le même modèle économique que celui du livre « papier », quand ils ne refusent pas tout net le numérique. Et ça ne peut pas fonctionner. Il n’est plus temps de débattre sur le bienfondé de l’ebook… L’ebook est là, point barre. Il ne fera pas disparaitre le papier, ce sont deux formats qui cohabiteront. Mais il faut absolument trouver une solution économique viable pour les professionnels et « honnête » pour les lecteurs.
Je ne sais pas comment tout ça va évoluer, mais ce que je sais, c’est que si les éditeurs continuent à s’entêter à brider des fichiers et à les faire payer la peau des fesses, si les libraires continuent à ne pas vouloir intégrer les ebooks dans leurs collections, ces métiers-là mourront de leur belle mort. Les lecteurs, eux, trouveront toujours le moyen de lire ce qui les intéresse.
C’est horrible ce que tu dis !!! Le libraire a commencé à mourir avec l’apparition de FNAC et autres géants culturel ; l’évolution (en bien) des espaces culturels dans les grandes surfaces lui a asséné un nouveau coup dans la membrane ; le commerce de plus en plus facile sur internet l’enfonce de jour en jour dans la tombe. Alors certes, ce n’est peut-être pas l’ebook qui va lui donner le coup de grace, mais il n’est pas innocent non plus à la dégradation du métier. Avant tout, on est censé vendre des livres, pas être d’accord avec toutes les nouvelles technologies qu’on nous impose ! On peut tout de même ne pas être d’accord avec cette nouvelle forme de lecture ! On a encore le droit de revendiquer que l’objet livre doit être sauvé, sans forcément passer pour une gros con de monarchiste. (Attention, je n’ai rien contre la monarchie, si c’est moa votre Reine !)
(Et attention, je ne m’énerve pas, contrairement à ce qu’on peut penser)
Certes, l’ebook est là, et point barre, comme tu dis, mais ma bibliothèque ne doit pas être snobée pour autant.
C’est terrible d’être a ce point dépendant de cette nouvelle invention. On ne devrait pas être menacée par elle,(oui ça y est, je dis « on », et pourtant, j’ai pas de raisons de le faire !!!) et tu ne peux pas dire le contraire, l’ebook, s’il prend trop d’importance, mettra les libraires hors de course ! Peut être que le livre papier existera toujours, cohabitera avec lui, mais honnêtement, toa qui a accès à internet, tu pense vraiment que tu vas de casser le cul à aller acheter un livre numérique chez le commerçant ?!
Non, bien sur que non.
Du coup, n’aurait-il pas le droit de défendre coute que coute l’objet en lui-même ? N’est-il pas de son devoir de sauver ces étagères qui devraient crouler sous les vieux papiers ? Puisque le client n’a pas besoin de lui pour s’offrir le numérique.
Après, en ce qui concerne le prix du livre numérique, j’avoue que cela ne me concerne pas personnellement, alors je peux pas parler. Je sais juste que le prix de la liseuse elle-même est l’équivalent de pas mal de classiques en poches…
Enfin, j’ai une question : c’est du fait exprès que tu as noté : « quand ils ne refusent pas tout NET le numérique. » ??? héhé
Je sais bien que tout ça est énervant. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, je ne défends pas le livre numérique, je ne dis pas non plus qu’il ne faut voir que par le numérique. Je dresse un constat.
J’aime le livre en tant qu’objet. Je bosse en bibliothèque et pourtant je n’emprunte jamais de livre. Je ne supporte pas l’idée de lire un livre qui ne m’appartient pas. J’achète donc des livres en pagaille, j’ai une très jolie bibliothèque à la maison (avec échelle, éclairage spécifique et fauteuil dédié à la lecture…). Moi je veux bien qu’on défende le livre « papier », qu’on cherche à tout prix à oublier le fait que l’ebook est là et qu’il représente une nouvelle façon de lire et d’accéder au texte, mais je crois que c’est une erreur. Nos métiers du livre évoluent (et j’inclue donc les bibliothèques dans le lot), et je crois qu’on a deux chemins possibles : refuser tout net cette nouvelle forme du texte et risquer, au mieux de devenir un métier fermé au monde, au pire de disparaitre, ou bien essayer de s’adapter au mieux sans pour autant renier ce qui fait le coeur de notre métier. Et je parle là en tant que professionnelle, non en tant qu’individu.
Parce qu’en tant qu’individu, il est bien évident que chacun est libre de faire ce qu’il veut, comme il le veut. Personnellement, je n’ai fait aucun choix radical : je lis certains textes en numérique, et je continue à acheter des livres « papier ». C’est une question de contexte, d’envie, de finances…
En tant que professionnel du livre, la problématique est largement différente. Pour les bibliothèques, c’est un peu différent : on ne vent rien, on ne vit pas de la fréquentation de nos établissements. En revanche, on a un devoir de formation et d’information (il faudrait que je relise la Charte de l’Unesco, mais j’ai la flemme !). Il me semble donc naturel de pouvoir proposer à nos « usagers » toutes les formes possibles d’accès à l’information et au savoir, libre à eux de choisir ensuite ce qui leur convient le mieux. Des tablettes et des e-readers en bibliothèques me semblent donc tout à fait à leur place. Mais ça fait débat (violent) dans notre profession aussi…
Pour ce qui est des libraires, il me semble que la question doit aussi pouvoir se poser. Et j’ai l’impression que ça reste un sujet tabou. Le libraire vent des livres. Soit. Mais il vent aussi et surtout du « texte ». C’est le texte qui fait d’abord le livre. Je t’accorde que certains bouquins sont largement mieux « packagés » que d’autres, mais on touche à un autre sujet. Imagine le bordel, il y a quelques siècles, quand ce fou de Gutenberg a inventé l’imprimerie : « Sacrilège ! Cette invention du Diable va démocratiser la lecture et l’accès au savoir ! C’est impensable, l’écriture et le savoir sont l’apanage d’une certaine classe uniquement et il ne doit pas en être autrement ! Et que vont devenir nos moines scribes ?! » J’exagère, mais l’arrivée de l’ebook me fait penser à ça.
Je n’ai pas de solution à proposer, et je n’en cherche d’ailleurs pas. Je dis juste qu’il faut y réfléchir, qu’il faut parfois se remettre en question et se demander quel est réellement le cœur de notre métier. Pour répondre à ta question : oui, je pense très sincèrement que si un libraire me proposait une vraie sélection de bons bouquins version numérique, je les achèterais chez lui. On va chez un libraire (j’exclue donc « Fnac et autre géant culturel ») parce qu’il a déjà fait un choix, parce qu’étant donné qu’il ne peut pas proposer tous les bouquins dans son échoppe, il nous propose ce qui lui semble être bon. Eh bien, qu’est ce qui empêche ce libraire de faire la même chose avec le numérique ? Alors évidement, il faudra passer par la création d’un site internet digne de ce nom, il faudra apprendre à fonctionner un peu différemment, mais ça reste envisageable, non ?
Je crois que je pourrais parler de ça pendant des heures. Si tu veux, on peut continuer d’en discuter ici ou par mail, mais je pourrai te donner plus d’infos par mail (oui parce que si j’en dis plus ici, ce serait comme si je donnais mon identité et mon adresse à tout internet…!)
Voilà voilà…
Oui, i will be back, par mail donc, comme dirait l’autre, mais là, peut po, po le temps…
Tout ce que je peux dire, au sujet du libraire, c’est que je suis pas sûr qu’il y gagne vraiment… Combien de fois j’ai eu des gens qui venaient certes pour des infos mais qui « ne voulaient pas les acheter maintenant, au pire, ils pourraient toujours les commander sur internet »…
Véridique !!!
En ce qui concerne les bibliothèques, je pense en effet que c’est différent, et que oui, vous pouvez vous le permettre ! Et je n’y vois bizarrement aucun inconvénient, mais j’y reviendrai.
Pour l’usage personnel, chacun fait ce qu’il lui plait, je connais des gens très bien qui s’y sont mis et qui ne sont pas des hérétiques pour autant !
Affaire à suivre…
Pis en plus, j’aurais quelques questions aussi.
Je viens de voir le reportage sur CAPITAL, il est 22h27, et me revoilà, mouhahaha !
J’ai adoré le passage où la nana de l’édition est incapable d’expliquer pourquoi les livres numériques sont plus chers que les poches…
Le seul enseignement, c’est que ce sont les éditeurs et les librairies numériques qui s’en mettent plein les poches.
Note de Elbereth : « sucrant au passage des beaux métiers tels que les imprimeurs »…
Bref, je ne vois pas trop l’intérêt du téléchargement légal, au vu des tarifs proposés, car 15€ pour avoir quelque chose qui n’est même pas palpable, c’est un peu excessif ! Je préfère payer 2€ de plus pour avoir un beau livre entre les mains, et le sourire de ma libraire préférée en prime !
Note de Elbereth : « Et une belle bibliothèque bien fournie ! Tu n’es point d’accord ?! »
Comme tu le dis, le vrai danger vient du téléchargement gratuit.
Je pense que le livre suivra la même évolution que l’industrie du disque et du cinéma : les ventes vont beaucoup chuter pendant 5/6 ans pour retrouver un niveau convenable (musique) voire battre des records (cinéma). Mais le problème c’est qu’entre temps, tous les petits indépendants qui n’ont pas la trésorerie pour subsister avec un creux de 5/6 ans vont disparaitre.
Tu connais encore beaucoup de disquaire ?
Au final, dans 5 ans, il nous restera plus que la FNAC, Chapitre et Virgin, qui rafleront la mise car le numérique aura amené beaucoup de gens vers le livre.
Je n’avais pas vu le reportage de Capital, du coup, avant de répondre à ton commentaire, j’ai viens de le regarder en replay… Internet a quand même quelques avantages !
Bon, ma première réaction suite à ce reportage, c’est : « Bordel, ils étaient sponsorisés par Amazon ou bien ?! » C’est le genre de truc qui a tendance à me hérisser les poils. On ne parle que d’Amazon et de sa Kindle, de Virgin, et de Kobo (ce qui est étrange parce qu’à aucun moment ils n’ont prononcé le mot « Fnac », or la Kobo est un produit Fnac. Bref.). Ce reportage n’est pas excellent. Le livre numérique n’existe pas que sur Amazon. Et je crains qu’ils aient dit quelques conneries, dans le genre : « la fabrication d’un ebook ne coûte rien ». C’est faux.
Quant à la pauvrette de chez Robert Laffont, elle fait honte à toute la profession. Elle aurait au moins pu essayer de s’en sortir en expliquant que le taux de tva n’est pas le même suivant que le livre soit « papier » ou « numérique ». Du coup, elle pouvait taper en touche en disant : « C’est pas de notre faute, pauvres petits gentils éditeurs que nous sommes… » Et on l’aurait *presque* cru. Mais passons.
Je comprends bien les craintes, et certaines sont légitimes. Mais je crois aussi qu’on ne vit pas dans un monde figé, et c’est tant mieux. Est-ce que quelqu’un est venu pleurer quand le beau métier de maréchal-ferrant a disparu ? Ou celui de colporteur ? Certaines choses vont changer, évoluer… certains métiers vont disparaitre, d’autres vont s’adapter et donc se modifier, d’autres aussi vont apparaitre. C’est dans l’ordre des choses. Je ne dis pas que c’est bien ou que c’est mal, c’est simplement naturel. Et ce n’est pas un débat propre au livre.
Pour revenir un instant sur la « machine », je crois essentiel de souligner qu’il n’existe pas que les produits cadenassés comme la kindle et autres kobo. Il existe des produits indépendants de toute librairie en ligne. Et il faut vraiment faire passer cette info-là aux gens : la Sony PRS-T1, la Cybook Odyssey, l’Archos… Ce sont des liseuses qui permettent d’acheter les fichiers numériques sur n’importe quelle librairie en ligne, pour peu que la librairie respecte certains standards. Et si on insiste là-dessus, peut être que les gros groupes genre Fnac et Amazon ne rafleront pas tout le marché. Ca, c’est le premier point.
Le deuxième point, évidemment, c’est le prix des ebooks…
Le troisième point, et qui devrait d’ailleurs passer avant le second, c’est la disponibilité des fichiers. Si on prend le catalogue de Gallimard, par exemple, il n’y a que très peu d’ouvrages disponibles en numérique. Les éditeurs freinent des quatre fers… Ce qui crée ensuite des histoires comme on a pu le voir cette semaine avec « Le vieil homme et la mer ».
C’est une discussion sans fin…
Ah ça on est d’accord, ce reportage, c’est de la me*** ! Pourtant, j’avais cru apprendre quelques trucs en me postant devant mais non.
Pour la nana de Robert Laffont, je crois qu’il vaut mieux pour tout le monde au contraire qu’elle ne dise rien, parce que je doute que la différence de TVA explique les 10 euros de différence. Oui, ça fait deux fois différence, et puis ?!
Sinon, je ne venais pas pour ça, je me suis déjà épuisée sur le sujet, mais pour la fesse de bouc… Je suis quand même bien tentée dis donc… Je crois qu’il me manque un argument choc et inattaquable pour franchir le pas. Le pas du suicide… Virgin Suicide, c’est tout moa !
Ah non je m’égare…
Mais tout de même.
… je crois que j’ai moi z’aussi épuisé mes arguments pour te faire venir sur Facebook… La seule chose que je peux ajouter, c’est : « Viens, allez viens !! Et on sera « amies » !! »
Bon d’accord !
Hé hé !! Je t’attends… Tu as ma « vraie » identité, non ? Du coup, tu vas même découvrir une « vraie » photo…
Ah bah voui raison de plus pour viendir alors !!!
Attend, je me concentre pour vérifier si je ne fais pas d’erreur… hummmmmmm
Oh nan en fait c’est trop bizarre d’être sur le point de découvrir ta vraie tête… Non pas que t’as une tête bizarre (ça, je le sais pas encore), mais depuis tout ce temps… C’est que je t’imagines d’une certaine manière moa…
Si ça se trouve, (certainement) je suis complètement à côté. Tu te rends compte ???
D’autant que c’est une photo prise à la volée au boulot… et pas très à mon avantage, je trouve !
Lol…
Il me tarde dis donc…
Mais sinon, comment ça marche ce truc ? Vachement compliqué pour verrouiller les trucs que j’ai po encore publié !!!
Tu es inscrite, ça y est ? Il te faut aller dans les paramètres de confidentialités, tout en haut de la page, petit flèche à droite, puis paramètres de confidentialités.
ah voui en fait, je crois que c’est bon…
attend, je t’envoie un mail
Je m’absente de l’ordi pendant quelques minutes. Je serai à nouveau dispo dans 20-30 minutes.
A tout à l’heure !